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Inyenzi ou les Cafards de Scholastique Mukasonga

Le génocide rwandais en marche dès les années 60, raconté à travers les yeux d'une jeune tutsi « condamnée » à survivre.

Mukasonga est une exilée, comme sa famille et toute son ethnie.

Déportée à Nyamata, région hostile et insalubre, théâtre de la répétition générale du génocide de 1994, elle y vit son enfance, insouciante mais troublée.

Les petites humiliations et la peur, un sentiment devenu ordinaire, rongent progressivement son quotidien.  A cet isolement progressif, un seul refuge : les études. « Les quelques élèves tutsi savaient bien comme moi qu'il fallait être les meilleurs ».

Jusqu'au jour où le « vrombissement » surgit de la brousse. Un grondement qui ne la quittera plus, jusque dans ses cauchemars d'aujourd'hui, en France où elle vit avec son mari et ses enfants.

Le vrombissement des machettes à la main des voisins et des amis hutus, venus mettre un point final à trente ans d'humiliation et de terreur. « A Nyamata, nous avions depuis longtemps accepté que notre délivrance soit la mort (…) mais pas celle qui nous a été donnée. Nous étions des inyenzi, il n'y avait qu'à nous écraser comme des cafards. Mais on a pris plaisir à notre agonie ».

Cette insupportable odeur de cadavre, l'auteur ne nous la distille jamais jusqu'à l'écoeurement. Non, le récit, heureusement, glisse vers les souvenirs merveilleux de l'enfance.

C'est d'abord la beauté des paysages, l'émerveillement d'un enfant qui appartient à un tout, fait de faune et de flore.

Puis une famille unie dans la douceur de la mère, la fierté du père et les petits bonheurs qui viennent rafraîchir un quotidien tragique, comme la fabrication de la bière de banane « urwarwa ».

Un récit autobiographique bouleversant, dur, mais aussi un témoignage précieux de l'intérieur d'un pays à peine sorti du colonialisme belge et déjà plongé dans la négation de l'Autre... Sous l'oeil blanc de la communauté internationale.

Un lieu de mémoire aussi, véritable hommage aux morts que Mukasonga a aimé et qu'elle veille aujourd'hui. Ce livre leur donne la digne sépulture qu'ils n'ont jamais reçue.

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Fiche technique Inyenzi ou les Cafards de Scholastique Mukasonga

Auteur Scholastique Mukasonga
Pays Rwanda Rwanda
Année 2006
Collection Continents noirs

En savoir plus Inyenzi ou les Cafards de Scholastique Mukasonga

Née en 1956 à Gikongoro, au Rwanda, qu’elle a dû quitter pour le Burundi en 1973, Scholastique Mukasonga est venue en France en 1992 et s’est installée en Normandie.

En 1994, sa famille demeurée au pays est victime du génocide, et c’est en 2006 qu’elle publie un premier témoignage autobiographique, Inyenzi ou les Cafards, suivi par d’autres : La Femme aux pieds nus, consacré à la mère assassinée de l’auteur, ou L’Iguifou, sur les déplacés de Nyamata.

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Inyenzi ou les Cafards de Scholastique Mukasonga

Inyenzi ou les Cafards de Scholastique Mukasonga

Le génocide rwandais en marche dès les années 60, raconté à travers les yeux d'une jeune tutsi « condamnée » à survivre.

Mukasonga est une exilée, comme sa famille et toute son ethnie.

Déportée à Nyamata, région hostile et insalubre, théâtre de la répétition générale du génocide de 1994, elle y vit son enfance, insouciante mais troublée.

Les petites humiliations et la peur, un sentiment devenu ordinaire, rongent progressivement son quotidien.  A cet isolement progressif, un seul refuge : les études. « Les quelques élèves tutsi savaient bien comme moi qu'il fallait être les meilleurs ».

Jusqu'au jour où le « vrombissement » surgit de la brousse. Un grondement qui ne la quittera plus, jusque dans ses cauchemars d'aujourd'hui, en France où elle vit avec son mari et ses enfants.

Le vrombissement des machettes à la main des voisins et des amis hutus, venus mettre un point final à trente ans d'humiliation et de terreur. « A Nyamata, nous avions depuis longtemps accepté que notre délivrance soit la mort (…) mais pas celle qui nous a été donnée. Nous étions des inyenzi, il n'y avait qu'à nous écraser comme des cafards. Mais on a pris plaisir à notre agonie ».

Cette insupportable odeur de cadavre, l'auteur ne nous la distille jamais jusqu'à l'écoeurement. Non, le récit, heureusement, glisse vers les souvenirs merveilleux de l'enfance.

C'est d'abord la beauté des paysages, l'émerveillement d'un enfant qui appartient à un tout, fait de faune et de flore.

Puis une famille unie dans la douceur de la mère, la fierté du père et les petits bonheurs qui viennent rafraîchir un quotidien tragique, comme la fabrication de la bière de banane « urwarwa ».

Un récit autobiographique bouleversant, dur, mais aussi un témoignage précieux de l'intérieur d'un pays à peine sorti du colonialisme belge et déjà plongé dans la négation de l'Autre... Sous l'oeil blanc de la communauté internationale.

Un lieu de mémoire aussi, véritable hommage aux morts que Mukasonga a aimé et qu'elle veille aujourd'hui. Ce livre leur donne la digne sépulture qu'ils n'ont jamais reçue.

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